Tu marches seul ; c’est bien
pour le monde d’échapper
à ton chagrin de compagnie.
Tu te vois au linceul des riens
du tout, les cendres à japper
sous l’épaule d’une chanson de Pagny.
Tu marches seul ; c’est bien
pour le monde d’échapper
à ton chagrin de compagnie.
Tu te vois au linceul des riens
du tout, les cendres à japper
sous l’épaule d’une chanson de Pagny.
Des parents baissent la tête,
l’enfant leur fait le cadeau de grandir.
Il les embrasse à la caisse des fêtes,
cautionne de son berceau un même avenir.
Je me souviens du vieux partisan,
invincible au coin des galeries Lafayette,
qui soufflait le chaud en hiver
et le froid en été (j’avais, un vent,
perdu deux boules à bicyclette...).
La tradition des marrons chauds
fait, maintenant, de la résistance
un peu plus loin. Une femme, venue
d’un pays du soleil, me tend
un cornet à 4 euros ; le sourire
en partage, nous renonçons
à la spécialité d’un village
gaulois : la châtaigne !
Des jeunes lunes
passent le plus clair
de leurs branches
à ne pas voir
le ciel des racines.
Elles sont en intelligence
avec l’oubli de la France.
Guère étonnant alors
de les retrouver perdues
au quartier latin,
comme ton croissant frais
trempé dans mon café bouillu.
VInaigre fin,
le sable de la terre ;
des ondes s’écoulent,
amères
de ne pas s’entendre
dans ton coquillage.
Tu n’en fais qu’à ta mouette ;
elle garde le sel des vagues.
C’est cela, relève tes oreilles ;
contente-toi de regarder la mer.