Tu me traites
de facho -
tu te maltraites :
c’est fâcheux.
Tu me traites
de facho -
tu te maltraites :
c’est fâcheux.
Parqué comme un enfant
qui ne sait pas marcher
à l’allure du monde,
un prof de la vieille école
cherche le mot de passe
de son blog... Écran noir.
Sur le banc, un cahier à spirales
le reprend, fauché en pleine parole ;
un épi de blé lève dans la marge.
Une bougie allume
la fenêtre d’un poète.
Son père était docteur,
comme Jivago.
Il préférait l’Aronde
au dernier tramway.
Reprenons l’interrogatoire
de la page blanche.
Le poète entend des loups,
sont-ils dehors ou en lui ?
Aucune laine vierge dans la nuit ;
il aiguise l’oracle, profère un clou.
Tu fais bien de te souvenir
de l’entretien accordé
par Céline à Pauwels :
" Si vous ne mettez pas
votre peau sur la table,
vous n’avez rien."
Oui, c’est cela blême,
le sang du peuple iranien
ne coule pas dans ta veine.
L’écrit vain
À te coucher sur le papier,
t’es-tu levé du bon pied ?
J’en doute et je suis certaine
que la voûte a assez de graines.
Un mot moins haut,
un écho plus bas,
deux poètes ont fini
par en venir aux pieds.
Faire le plein du vide
autour de soi
pour s’atteler à la mort,
ce n’est pas la moindre
des réussites. Me joindre
relève-t-il du possible encore ?
Autant demander à la lune
un croissant de soleil.