J’ai mis la première crêpe
en haut de l’armoire,
pliée en quatre sucres
sur un Louis d’or,
à couper la fête
aux fils de Robespierre.
Deux grandes nouvelles
dans une petite vie :
ma pension civile
de fonctionnaire tardif
a augmenté de 30 euros ;
les mandarines Orri d’Israël
sont de nouveau de saison
chez Franprix
(je n’en apporterai pas
à l’affreux Khamenei
et le peuple iranien
les détourne de l’armada
qui préfère compter les pépins
sous l’arbre de la liberté).
Dans la salle d’attente
du service IRM,
qui ne sait plus où donner
de la tête avec tous ces crânes
(sans pour autant rester en carafe,
mériter une grosse baffe d’Astérix),
j’ai parcouru le monde n’est jamais fini
de Catherine Leblanc, publié par
la Renarde rouge à Véron
(à deux roues de vélo de Sens :
interdit de perdre ses moyens
dans la côte de la Grange au Doyen).
Relevé un bel écho
à ceux qui trouvent bon train
de condamner l’excès de jeunesse :
" Soudain les enfants
Crient dans le jardin
Et un ballon vient rebondir
Dans mon poème ".
Pour la manipulatrice
d’électroradiologie médicale,
en peine à voir une veine aux bras,
ce sera le dos de ma main droite.
Injection faite, je suis dans la cabine
- pas bouger l’ancien !
J’entends des morceaux de techno,
inconnus aux petites oreilles
dressées de Chloé et Caïssa :
pourvu qu’ils ne fassent pas grossir
le microadénome de la dernière piste !
Certes, il est gros
le sel de l’Amérique,
mais nous avons versé
tant de sang et de sanglots
sous le ciel tyrannique
qu’il est l’écume de notre liberté.
* La huitième plaie manque à l’appel de l’Iran