Comme un chêne
qui a perdu ses glands,
tu t’épuises, vieille branche,
à chercher le mâle à la racine.
Il est quatre pieds sous terre,
le jeune homme dont le premier vers
oublia l’usage du bonjour
au doux visage de l’amour.
J’avais pourtant une voix de fossette,
un grand creux au cœur
pour les joues de Juliette.
Vous partez conjuguer avec Lui
le jour sous le joug de la nuit.
Il nous est impossible
de vous dire adieu, ensemble.
Son Cœur et ma Bible
ne font qu’un. Je tremble
de m’enfoncer
avec le piano dans la terre,
à ne plus toucher
l’Étoile au concert.
Une bougie à la fenêtre
ouvre la porte au vent mauvais.
Le premier souffle
d’une colonie de peuplement.
J’ai l’âme toujours chevillée
au corps de la France.
La bobine charia
tombe sur l’entrée.
Momo, petit prince du bleuet de France
M’sieu, mon grand frère dit
que la loi républicaine
doit répondre à l’appel de la charia.
- À quel muezzin joues-tu, Momo ?
Minaret de rien n’est pas fait,
je te le concède volontiers
mais, vois-tu, ici ce qui relève
de la croyance personnelle
ne porte aucun glaive
sur l’existence collective.
Et puis, ne feins plus d’ignorer
le grand retour de l’école à la république ;
fais ta prière de laïcité.
Baisse la tête,
lève ton cœur,
au rappel de leur mort
des étoiles pleurent.
Les terrasses s’entêtent,
le Bataclan idem,
à servir la vie.
Les gens qui aiment
rendent la monnaie
de leur liesse.
Qu’en est-il, en France
d’Europe, de l’exercice
du pouvoir ?
Plante-t-il des choux
dans la force obscure
ou des clous ? L’existence
embrasse la frontière.