Je n’ai plus l’âge
de ton corps,
mais mon cœur
n’a pas pris une ride.
Je n’ai plus l’âge
de ton corps,
mais mon cœur
n’a pas pris une ride.
Le mien neveu
s’en est revenu des Amériques.
Il a pris du galon
sur le pont du temps.
L’empereur Atahualpa
remonte de ses cendres,
pour partager un encas
sous le soleil tendre.
Les saisons d’or
ne se rendront pas de sitôt.
Mettre le feu au poteau
ne stoppera jamais l’essor.
Un corps, dans la chambre mortuaire ;
celui de notre mère. Nous l’embrassons
sur le front ; elle n’en reviendra plus.
Tant Dieu ! Maman aura tellement souffert
de devoir finir sa vie rue Paul Verlaine ;
un pistolet sur la trempe.
Cette odeur de poudre, je l’ai sentie
se volatiliser hier soir ; d’un trait de lumière,
l’âme de Jacqueline a traversé la maison.
Une dernière autorisation d’entrée,
avant la grande sortie : " Rien à te reprocher,
ne retarde pas du Paradis."
Elle met la puce
de son calicot
à mon oreille,
me court sur le haricot
de la veille,
pour une danse avec Luce.
Il lui est donné de se pencher
sur le berceau d’Amoretti.
Mouliner de ses abattis
devient inutile pour être haut perché.
C’est beau d’élever la vie
Tu regardes, mon amour,
tous ces cortèges
nous faire honte alentour.
À rassurer ton petit leu,
tu trouves robe de neige
et fiole de sang bleu.