L'imbécile heureux ouvre son vote
au Président. Les promesses de 2017
ont-elles été tenues ? D'aucuns notent
NON ! sur la porte de la seconde quête.
L'imbécile heureux ouvre son vote
au Président. Les promesses de 2017
ont-elles été tenues ? D'aucuns notent
NON ! sur la porte de la seconde quête.
Gare de Versailles, le conducteur du train
sait que la France briochée choisira de le laisser
encore faire machine avant. Actionner le frein
pour les Morts de la rue, c'est royalement dépassé.
Dis, qu'as-tu fait, France que voilà,
de ton enfance ? Sur l'autel d'un second mandat,
tu l'as sacrifiée, et avec elle toutes les valeurs
qui donnaient au réel de la profondeur.
Tu n'aurais jamais dû t'éloigner de ton arbre ;
à présent, tes enfants qui ont réussi étreignent
les gens qui ne sont rien d'un baiser de marbre.
Tu as donné le feu vert au monde impitoyable,
et il s'empresse d'opposer un feu rouge pitoyable
à qui ose encore éprouver de la mélancolie
dans le champ où ne pousse aucune ancolie.
Au demeurant, demeurée, tu as mis au placard
le drapeau béni de la Nation, au profit du traînard
européen. Dis, qu'as-tu fait, France que voilà,
de ton existence ? Tu l'as confiée à un sonneur de glas ;
ne t'étonne pas maintenant si ton cœur saigne.
Une famille ukrainienne a, dans le cœur,
tout pour me faire baisser les yeux.
Notre chemise européenne a la blancheur
qui tranche avec le sang des adieux.
Katroussia connaît le grand Kobzar ;
ses poèmes faisaient fuir les Moscals.
La veillée dénonce désormais le hasard
de nos textes à réduire Poutine ! Pascal.
" Le bonheur de l'un, les larmes de l'autre,
Tout est absorbé par la nuit.
Elle les couvre tous, l'obscurité,
Comme une mère ses enfants ".
Extrait du recueil de Taras Chevtchenko,
reçu samedi par la poste Decitre.