L’Éternel fait des économies
de soleil. Derrière le buisson,
les âmes ont assez de lumière.
Entend-il notre supplique
à l’ombre des appliques ?
L’après-midi, alone
à la librairie Decitre.
Je demande le quartier
des agendas à une rousse
derrière son écran.
À la claire fontaine
d’une nouvelle année de retraite,
on ne déplore aucune perte
de jours fériés. Et déjà je coche
la page où des amis rassemblés
claqueront les feuilles fortes
au nez de la petite porte.
Faisons la sourde feuille
aux ombres
de l’été.
Nous ramasserons
tous les soleils
à l’appel de l’automne.
Méprisons les coups
de torchon à la une ;
sur nos serviettes de plage,
cacahuètes et pralines
ne comptent pas pour des prunes.
Plus rien ne te gave - quel pot !
Deux jours fériés en moins,
une raison supplémentaire
pour renoncer à devenir enseignant.
Joie de retraite,
puiser un agenda
à la claire fontaine.
Entre les butins,
le monde se démet
de son esprit.
L’ampoule
dans la corbeille,
personne ne la regarde.
Le Veau d’or
éteint le dernier briquet
sur son essor.
Plus fin
le temps
de sucrer les fraises.
Au cœur de l’Esprit,
le monde remet
tout son butin.