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  • : Pascaloup de Savoie
  •  Pascaloup de Savoie
  • : Fenêtre ouverte sur le monde, à plus d'un titre : poésie, sport, maîtrise de l'information...
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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 22:01

L'abstraction défaite appartient parfois

à la création d'un poète.

 

Nous n'avons pas assez lu à voix

haute Yves Bonnefoy. Il avait le lyrisme

 

de nous toucher au plus profond. Rime

à tout clair pour sortir de l'ornière.

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 14:43
Au Begijnhof - le béguin off

Au Begijnhof - le béguin off

Pendant que vingt-deux garçons,

plus ou moins braves,

s'affairaient autour d'un ballon,

 

je me suis souvenu, avec Liliane

Wouters, d'avoir trouvé liane

à mon cœur grave :

 

Elle avait dit : "En Amsterdam

nous ne vivrons qu'une aventure.

Je n'y laisserai pas mon âme.

Amour toujours jamais ne dure."

 

Hélas ! Je ne la croyais pas.

Sous les pignons à cols, à cloches,

quand se mêlaient nos mains, nos pas,

quand j'espérais, dur comme roche.

 

L'eau verte suivant son chemin

aurait dû me dire : "Tout passe."

Mais je ne sentais que sa main

serrant la mienne dans l'impasse.

 

[...]

 

Peine plus dure que le dam

et sel des larmes que je pleure,

pour cette fille d'Amsterdam

que ne donnerais-je à cette heure ?

 

Les cloches de Saint-Nicolas,

le quai aux plantes, les dix mille

pilotis de la gare et la

rivière Amstel, avec ses îles.

 

C'était un jour du mois de mai.

Elle me disait : "Rien ne dure."

Moi je pensais que je l'aimais

beaucoup trop pour une aventure.

 

(Source : La fille d’Amsterdam / 

Ici on parle flamand & français,

Francis Dannemark, le Castor Astral -

Escales du Nord, 2005.)

 

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 08:23
La fleur des mâles

Baudelaire, Rimbaud et Verlaine la tenaient

en haute estime. Pascal Obispo a retrouvé

l'un de ses recueils dans un carton de deuil

(son père est décédé en 2012) et bouleversé

dès la lecture du poème "Qu'en avez-vous fait?"

n'a pu retenir son âme de composer l'album

"Billet de femme".

 

Surnommée Notre Dame des Pleurs,

Marceline Desbordes-Valmore eut le don

de faire rire jaune tous les leurres :

 

"Elle fut femme, fut toujours femme et ne fut

absolument que femme, mais elle fut à un

degré extraordinaire l'expression poétique

de toutes les beautés naturelles de la femme."

 

En droit signe de l'auteur du Spleen de Paris,

ne réservons pas une table (pour la Saint-Valentin)

si l'on se croit déjà nourris.

 

 

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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 13:56
For de café, Paris, 1935

For de café, Paris, 1935

Réduite trop facilement à la figure d'une philosophie

austère ("les Origines du totalitarisme", "Condition

de l'homme moderne", "la Crise de la culture"),

Hannah Arendt portait tout autant sinon plus en elle

la déchirure et les ailes d'une poésie singulière.

 

Petite fille déjà, comme le rapporte la spécialiste

de langue allemande Karin Biro, "les poètes sont

des voix en elle, qui résonnent dans tout ce qu'elle

entreprend" : elle recopie soigneusement dans

un cahier ses vers préférés et se constitue une

bibliothèque où vont se côtoyer Homère, Hölderlin,

Rainer Maria Rilke, René Char...

 

Elle ne s'arrête pas aux ornières du chemin et en tire

même une note mêlant douceur et mélancolie, bonheur

et peine, amour et solitude : "Des pieds en suspens

dans une splendeur pathétique / Moi aussi je danse,

libérée de l'apesanteur / J'entre dans les ténèbres,

dans le vide / Espace refoulé des temps passés."

 

La tragédie (la mort de son père alors qu'elle n'a

que 7 ans, la déportation et l'exil) donne encore

du sang à son écriture. Loin de se complaire dans

l'amertume proche des romantiques, Hannah fait

le choix d'affronter ses angoisses et de construire

son propre bonheur : le cri qu'elle pousse "Heureux

celui qui n'a pas de patrie" fait écho à sa secousse

préférée, "la Jeune fille étrangère" (visa de von Schiller).

 

Débarquée aux USA, après la fuite du nazisme, aux bras

de son second mari Heinrich Blücher (qui eut le mérite

de ne pas la rendre triste de sa passion pour Heidegger),

elle réalise que l'amour peut être un pays de secours :

 

"En parfaite confiance au non-familier / Proche de l'étranger/

Là de l'éloigné, je pose mes mains dans les tiennes."

 

("Heureux celui qui n'a pas de patrie. Poèmes de pensée",

par Hannah Arendt. Traduit de l'allemand par François

Mathieu, poèmes rassemblés, annotés et présentés par

Karin Biro, Editions Payot.

Source de ce billet : Pia Duvigneau - l'Obs n° 2673, 28/01/16.)

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 14:26
Crédits photo : Jean-Claude Deutsch /Paris Match via Getty Images

Crédits photo : Jean-Claude Deutsch /Paris Match via Getty Images

Il y a cinquante ans, un jeune documentaliste

au CNRS nommé Georges Perec ne commentait

pas les Choses à moitié de siècle :

 

"Il y a aujourd'hui une espèce de bonheur possible

à l'intérieur du monde de la consommation, bonheur

d'un restaurant, bonheur d'une moquette, bonheur

d'un fauteuil. Ce sont des choses concrètes, pas

imaginaires. L'ennui, c'est que tout se passe comme

si on retirait continuellement la chaise. On a le droit

de toucher, le droit d'admirer, on n'a pas le droit

de prendre. On nous donne énormément à désirer,

mais finalement on ne possède rien."

 

Cette frustration, née d'un système qui remplace

le désir d'être par le désir d'avoir, l'auteur l'exprima

avec une telle force littéraire que le jury du prix

Renaudot s'en trouva fort possédé.

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