Moins que jamais rassasié de locomotion
forte, je suis reparti hier pour un tour à
vélo, sous une pluie plus fine que celle
de l'île de Sein (et j'en profite pour dire
qu'il est vraiment malsain de réduire
la fonction présidentielle à une image
torrentielle : c'est un peu comme si un
voyageur dans le train pouvait s'arrêter
aux vaches qui le regardent passer !).
Bref, à l'heure où le président Hollande
pouvait reprendre à son compte l'humeur
noire de Verlaine : "Il pleure dans mon coeur
comme il pleut sur la ville", je dépassais les
gouttes matinales, certain de retrouver le soleil
au fil de l'effort : col de la Chambotte par Chindrieux,
col du Sapenay par Cessens, col du Chat par
Chanaz et Jongieux (105 kms au compteur).
Cela m'aura permis une nouvelle foi de communier
avec nos paysages de Savoie et de méditer, devant
la chapelle de Notre-Dame de la Salette ou celle
de Monthoux, le faîte que j'aurais pu tout aussi bien
sinon mieux devenir prêtre dans cette vie et connaître
le plaisir d'appeler mon père "mon fils" et de l'entendre
me répliquer "oui mon père".