Tu as le front perlé de sueur,
interpellé avec affront à la lueur
des commémorations de la Victoire.
Ils méprisent ce que rassemble
aujourd’hui ton cœur, sélectionnent
la mémoire qui les arrange,
te jettent la première nuit.
Croient-ils que les morts
écoutent l’oubli de tous les votes
aux pleins pouvoirs du maréchal
Pétain, des yeux complices
du pacte germano-soviétique ?
Je pourrais aussi parler du lien
fait, à la faucille et au marteau
devant la stèle des fusillés
aux Charmettes, entre la barbarie
nazie et la guerre de légitime défense
menée à Gaza par Israël, mais encore
une foi les morts nous entendent.
Tout comme toi, j’ai le front perlé
de sueur, au pouce baissé
par les partisans d’une lumière
amoindrie, du marbre qui roule
sur la mousse que te prête la forêt
à plus d’un arbre. Cueillir
les noisettes du vivre ensemble vrai
pour la France en perte de courage
t’appartiendra, camarade patriote,
au prochain temps des griottes.
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