Après un déjeuner frugal sous des arbres en fleurs,
nous avons été mis au courant (avec une électrisation
spéciale pour Emma et Amélie...) de la science
qui a une conscience ; et nous sommes ressortis
du palais de la Découverte, pleins d'énergie,
parés à affronter la nuit.
Nos bagages confiés au CISP Kellermann, nous avons rallié,
heureux comme un nageur du lac d'Aiguebelette,
le Palais de la Porte dorée, afin de visiter
la Cité nationale de l'histoire de l'immigration...
Chaque équipe a vu la totalité de l'exposition
"Repères" et répondu sérieusement au
questionnaire correspondant à un atelier
spécifique. Une bonne entrée en matière
pour notre sortie de quatre jours.
Hier après-midi, le temps de se poser
à deux semelles épuisées, j'ai eu le grand bonheur
sur le quai des Bouquinistes de trouver l'édition
originale de "Pilote de guerre" (Saint-Exupéry).
Et ce crabe surgi de 1942 nous a pincés
très fort : "Sans doute je rêve. Je suis au collège.
J'ai quinze ans. Je suis studieux et tranquille.
Des camarades, auprès de moi, parlent à voix
basse. Je m'enferme avec tant de joie dans
cette enfance bien protégée ! Je le sais bien :
il y a d'abord l'enfance, le collège, les camarades,
puis vient le jour où l'on subit des examens.
Où l'on reçoit quelque diplôme. Où l'on franchit,
avec un serrement de coeur, un certain porche,
au delà duquel, d'emblée, on est un homme.
Alors le pas pèse plus lourd sur la terre. On fait
déjà son chemin dans la vie. Les premiers pas
de son chemin. On essaiera enfin ses armes
sur de véritables adversaires. La règle, l'équerre,
le compas, on en usera pour bâtir le monde,
ou pour triompher des ennemis. Finis, les jeux !"
Vue capitale depuis les tours de la Cathédrale
Quatre jours chauffés à blanc ou refroidis
par le vent et la pluie, vingt kilomètres
dans les talons, l'estomac rassasié
de baies, cultuelles (du Sacré-Coeur
à Notre-Dame), sauvages (Stade de France),
et culturelles (Cité nationale de l'histoire
de l'immigration, palais de la Découverte,
le Louvre, musée du quai Branly...),
les yeux éblouis par d'autres merveilles
(Arc de Triomphe, Tour Eiffel, statue de
la Liberté, Hôtel de ville, Opéra, coupole
du magasin "le Printemps"...), une croisière
amusante au fil d'une eau autrement plus
trouble que celle d'Aiguebelette, la langue
de la campagne donnée aux bouches
du métro (pas évident d'avoir toujours
le ticket chic dans cette foule rythmique!),
et enfin quelques moments de répit
(jardin des Tuileries, place du Tertre,
palais de Chaillot, île de la Cité).
Il revient maintenant aux 46 petits voyageurs
de rendre tous ces "coups de coeur"
aux 6 professeurs (mesdames Ferrand
et Ducamps, messieurs Jargot, Titel, Garino
et Verbaere) qui ont veillé en permanence
sur leur quiétude personnelle, le respect
des consignes collectives et pour tout dire
la réussite de ce séjour d'étude (de soi,
de l'autre et du monde).