Quel bonheur de suspendre son vélo
dans le train et de descendre à Bourg-
Saint-Maurice sans ronger son frein !
Aux premiers lacets de la montée,
un Saint-Bernard bien éméché m'a proposé
de troquer son tonneau de rhum contre
mon bidon d'eau cristalline. Fier comme
Bonaparte, je lui ai dit d'aller se faire
boire ailleurs.
Station debout, une Rosière aux yeux clairs
m'a demandé plus haut si je n'en avais pas assez
de m'asseoir sur la solitude. Encore loin d'opiner
du chef, avec un Opinel planté dans le coeur,
j'ai poursuivi ma (dé)route sans lui en tenir grief
et en admirant d'autres paysages.
Dans la vie, on a toujours ce qu'on mérite : par exemple,
une fleur de lys, le désert du monde et puis l'hospice...
Mais là, pas question de battre en retraite.
Un dernier coup de menton pour fixer
l'âtre sur la crête.
Enfin, résister à la tentation du Val d'Aoste...
Et réaliser l'ascension dans la descente,
un petit lac dans les yeux.
Mission accomplie sur toute la ligne. Ex-voto
pour les TER du tonnerre.