Un mois à peine après l'attentat
à la liberté de Charlie, le délit
de blasphème n'existe toujours
pas dans notre saine République.
Pour être également attachés
au respect des consciences
(et je reprendrai ce mot géant
d'une petite sixième : "Un crayon
peut blesser le coeur"), nous ne
pouvons qu'applaudir la résistance
de la liberté d'expression.
Et la lecture de Charles de Saint-Sauveur
dans Aujourd'hui en France nous invite
à nous souvenir que François-Jean Lefebvre,
chevalier de La Barre, présenté comme
"impie, blasphémateur et sacrilège exécrable",
fut, à ce chef d'accusation, le dernier condamné
à mort de notre pays.
Son exécution se déroula le 1er juillet 1766
sur la place du marché à Abbeville ; on lui
trancha la tête et son corps, sur lequel avait
été cloué un exemplaire du "Dictionnaire
philosophique, portatif" de Voltaire,
fut jeté au bûcher.