Au CDI, le murmure de la forêt à l'oreille
des livres a bien d'autres jours à vivre.
Les échos métalliques qui trônaient
depuis trop longtemps à l'entrée
ont cédé la place à deux arbres de grâce.
Et nous nous surprenons à débattre,
avec une joie digne des trois coup au théâtre,
Nous avons tellement de choses à vivre
qu'il peut nous manquer du temps pour
ouvrir un livre.
Et cela d'autant que l'ouverture des
bibliothèques ne répond pas toujours
aux disponibilités du public.
Comme il existe une nuit des musées,
ce serait bien que l'on puisse rencontrer
aussi les bibliothèques au coucher
du soleil...
Les internats éducatifs notamment
pourraient participer de ce supplément
d'âme, quitte à trouver du personnel qualifié
pour cette permanence littéraire.
L'association Bibliothèques sans
Frontières ouvre d'autres pistes
de réflexion et nous invite à signer
une pétition.
Le pont de la rivière aïe !
La documentation et les archives qui ne perdent pas
la notion de document au fil de l'eau ont du mal
à s'échanger leurs précieuses données.
Il faut avouer que les professeurs documentalistes
sont loin d'avoir la pôle position quand il s'agit
de faire le lien entre un établissement
scolaire et un service d'archives.
Le plus souvent, ce sont les professeurs
d'histoire qui se chargent de cet office
dans les services éducatifs.
Jordi Navarro, qui n'est pas un bébé dans le vieux
monde de l'archivistique, trouve urgent de dépasser
ce traitement disciplinaire afin d'arriver à un meilleur
partage du patrimoine pour nos élèves.

L'évolution des CDI est toujours inscrite à l'ordre
du mouvement. Elle répondra à l'ambition de donner
aux utilisateurs un espace décloisonné associant plusieurs
domaines (bibliothèque, étude, salle informatique, foyer),
dans le but de garantir sur une large amplitude horaire l'accès
encadré ou autonome aux savoirs comme l'ouverture culturelle
et le vivre ensemble (échanges, travail en équipe).
Dans les pays anglo-saxons, on parle de "learning center" ;
en France, plutôt de "3C" (centre de connaissances et de culture).
Des expérimentations commencent à voir le jour et rassemblent
établissement scolaire et collectivité territoriale de rattachement
(conseil général ou conseil régional).
Nous osons croire que la reconnaissance du métier de professeur
documentaliste sortira également grandie de cette belle entreprise
et que les moyens suivront en termes d'équipement (fonds, pôle
numérique, mobilier adapté à la modernité des pratiques) comme
de personnels qualifiés pour relever ce challenge dans la durée.
Peut-être serons-nous appelés à y réfléchir tous ensemble
à Novalaise... Repousser les limites rime avec réussite.